C'est un peu sur le titre enfantin de son article, suite à sa visite à la Maison Blanche, que Loïc Lemeur a attiré mon attention et m’a donné envie d’écrire un de mes premiers billets.
Une telle candeur a pour effet de susciter un léger frisson.
Toute la question, à sa lecture, c’est d’essayer de mesurer le sens de ce frisson qui nous parcourt l’échine subrepticement.
On hésite, et dans un recoin d'arrière-pensée on ne peut s'empêcher de l'imaginer quelque peu subjugué, étonné de sa propre importance, manipulé en fin de compte. Brainwashed.
Et puis d'un autre côté : pourquoi Loïc n’aurait-il pas été sincère et maître de ses émotions ?
C’est désormais, malgré une première impression mitigée, mon intime conviction.
Pour les raisons suivantes :
1) Loïc aurait pu continuer à faire de la politique s’il l’avait souhaité, mais je le crois trop pur et trop sincère dans sa démarche entrepreneuriale pour être un féroce calculateur avec tout un panel d’objectifs secondaires en tête : il ne l’a pas fait, alors qu’il est facile d’imaginer qu’on lui a tendu la perche plus d’une fois ;
2) Loïc est un entrepreneur soucieux d’être au bon endroit, au bon moment : cela fait partie de sa démarche de communication et de son sens inné du marketing : quoi de plus ridicule que de lui en vouloir de faire parler soi (si ce n’est pour créer de vaines polémiques – qui sont à n’en point douter tout juste sur le point d’éclater sur des dizaines de blogs au moment où j’écris ces lignes) ?
3) A la lecture de sa bio et de son parcours, Loïc souhaite de toute évidence poser sa pierre dans la société française et combinant la quête de son épanouissement personnel avec l’expression d’un message à vocation de salubrité publique, que l’on pourrait résumer comme suit : « arrêtez de diaboliser les patrons, de vous plaindre et travaillez un peu plus ». Une affaire de conviction intime qui ne se discute pas.
4) Au regard de ses convictions, il est clair qu’il n’a pas attendu l’arrivée de Sarkozy pour ajuster son tir : on pourrait même considérer que les patrons comme lui ont servi d’inspiration à Nicolas lorsque ce dernier a manifestement fait l’effort d’aller prendre la température – grand bien lui en a fait – des modes entrepreneuriaux les plus hype du web 2.0 pour nourrir sa démarche ; leur rapprochement est par conséquent on ne peut plus naturel et au-dessus de toute suspicion.
J’ai le même âge que Loïc. Je le voyais évoluer de loin à HEC. Lorsque je m’engageais dans la création d’un des premiers sites emploi français (jobsesame.com, revendu à monster.fr en mars 1999), lui avait une vision encore plus globale par la création encore plus ambitieuse d’une agence de création web, une des toutes premières aussi en France. Je l’ai toujours trouvé plus courageux que moi, et n’ai jamais eu l’occasion de le lui dire.
Son post m’a d’abord un peu fait tiquer, puis j’ai senti le doute s’estomper au regard de sa démarche, de son histoire, bref, de son énergie exemplaires.
Au risque d’être encore plus idéaliste que lui, j’ose interpréter son état d’esprit ainsi : Loïc, tu vas un peu plus loin que la démarche marketing. Je pense que tu offres aux autres, et avec générosité, un peu de ton talent, peut-être même un peu de ton âme.
Nous ne te souhaitons qu’une chose : c’est de ne jamais la perdre.
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