... mais j'assume entièrement : expérience inédite pour moi qui étais un monomaniaque du téléphone portable, angoissé à l'idée de louper un appel important, un client impatient, un ami en détresse (ouh-la, j'ai mis le client avant l'ami, premier indice qui en dit long), je suis parti en vacances il y a deux semaines et tombé malade il y a une semaine: en rentrant de vacances il y avait 19 messages non lus, deux jours plus tard j'avais passé la barre des 40, le lendemain des interlocuteurs énervés me demandaient de vider ma messagerie qui n'acceptait plus de nouvel enregistrement !
Etant donné que: vacances + maladie = GROS retards accumulés, je n'ai fait que courir à droite à gauche pour éteindre 36 incendies côté boulot ! Conclusion, j'ai l'impression que c'est la première fois de ma vie que je laisse HS un cellulaire et sa messagerie. C'est impardonnable, et je profite de ce billet pour exprimer ma profonde gratitude à l'attention de ceux qui ont su me pardonner malgré tout, et le rouge me monte aux yeux face à tous ceux que j'ai ulcérés.
Mais voilà: ça fait un bien fou.
Un véritable acte de rébellion passive face à l'invasion du bluetooth et de l'omnicommunication dans ma vie, un je-m'en-foutisme salvateur que j'avais déjà observé chez quelques enflures, dûment punies à l'aide d'un rite vaudou et d'un mutisme vindicatif, mais dont je comprend aujourd'hui l'impact profondément thérapeutique. C'est un putain de soulagement que de mettre le cellulaire de côté une fois, comme ça, en pleine tourmente (faire ça au mois d'août c'est jouer petit) - et laisser les interlocuteurs pressés vous appeler par le standard et laisser des messages qui pour une fois ne vous arrivent pas sous la forme d'un grésillement métallique accompagné d'une chaleur électronique contre l'oreille.
Je ne pensais pas que faire l'expérience d'une lâcheté passagère pouvait être un acte chargé de sens, et presque courageux.
La semaine prochaine, je parlerai des 227 messages emails (sic) non lus de mes collaborateurs.

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