La plupart me haïront quand ils auront compris pourquoi je prends le temps de rédiger un tel billet...
"Google Australia has introduced a new feature, enabling you to search content on the internet before it is created.
- Enter your search term [e.g. footy scores]
- Select “one day in advance” and click “Google Search”.
- Google searches the web as it will look tomorrow
Mais même moi qui suis le cancre absolu, totalement nihiliste et revêche, quand il s'agit de relayer un buzz, eh bien je ne peux qu'exprimer mon engouement et ma déférence aplatie devant cette secte de têtes bien faites qui rayonnent sur le monde depuis son quartier général de Mountain View. Car c'est surtout ça, le sujet :
On passe trop de temps à analyser, dénigrer, décortiquer, douter, mesurer, et l'on oublie qu'il faut parfois tout simplement fermer sa geule et admirer. Un grand esprit disait que la beauté de l'adolescence tenait en ce que, ce n'est qu'à cet âge que l'on sait admirer sans comprendre. Réveillons l'ado bouche bée qui sommeille en nous.
Le web génère tant de pages encombrées (que je vais pourtant souvent voir sur des recommandations ou des liens de bloggueurs), avec des mises en pages pseudo représentrices d'un génie désordonné mais qui font tout simplement mal au cerveau et accentuent ma fatigue occulaire, que l'on oublie que, fondamentalement, Google doit en grande partie son succès au respect de son enseignement fondateur :
Celui de Jacob NIELSEN, le pape mondial de l'utilisabilité, dont je suivais moi-même les formations à Amsterdam et à Londres bien avant que la marque Google ne soit célèbre, et dont toute l'intelligence a consisté à établir des règles universellement incontestables de lisibilité et d'ergonomie pour toute site web.
Car Google s'est avant tout cela : une simplicité dont la plupart des mortels ne comprennent pas à quel point il faut faire preuve de discipline et d'intelligence pour s'y tenir et ne jamais s'en départir - surtout à l'échelle d'une organisation désormais mondiale. Dans ce contexte - celui d'une salvatrice friandise visuelle qui n'est autre qu'une mise en page simple, cohérente et aérée - on laisse forcément en quelque sorte l'espace à la meilleure créativité.
Le standard de clarté qu'ils ont défini est si magnifique qu'il relève de l'évidence, du lieu commun, et qu'à ce titre la plupart des gens tentent de s'en départir, de crainte d'être taxés d'être des suiveurs et de manquer d'originalité. Et c'est là qu'ils ont tort. Ces règles seront présentées dans quelques années comme les bases d'un classicisme purificateur en conception web, à ce titre elles seront parmi les seules dignes de n'être jamais oubliées.
Google a pour force de ne relever d'aucun effet de mode : mais d'un bon sens universel.
Aussi, remarquez l'intéressant paradoxe - c'est aussi le seul acteur du web au monde capable de rendre plausible l'idée d'une mini time machine opérationnelle sur le web. Pas seulement parce que l'on subodore avec fascination la possibilité d'un algorythme puissantissime susceptible de rendre opérationnelle la chose - sous-tendue par des calculs de probabilité qui donneraient le vertige au prix Nobel de mathématique.
Non, la vraie raison c'est qu'en provenance d'un univers de sobriété et de rigueur intellectuelle, auréolée d'une réussite mondialement incontestable qui la transforme en institution universelle, une information lancée la veille du 1er avril échappe, au moins pendant quelques secondes, si ce n'est quelques heures (sic!), à toute suspicion. Google est la marque la plus susceptible, et cela parmi toutes les marques du monde entier, d'inspirer suffisamment confiance pour rendre acceptable et au-dessus de tout soupçon spontané, même l'information la plus improbable.
Je ne sais plus si je suis parcouru des mêmes frissons d'orgueil (pour une belle réussite humaine) que ceux qui m'animaient quand j'ai commencé à rédiger ce billet, ou si ces frissons ne sont pas maintenant de nature plus inquiète (à échelle plus individuelle...)

Fred, c est un Canulard de Google :)
Rédigé par: Ouriel Ohayon | 02 avril 2008 à 06h29
oui je sais !!!
lis mieux mon billet !
bon j'avoue au début je m'étais un peui posé des questions... mais j'ai relayé le poisson d'avril en apportant ma vision sur le reste. (c'est pour ça que je commence en disant "La plupart me haïront quand ils auront compris pourquoi je prends le temps de rédiger un tel billet...", puis : "c'est aussi le seul acteur du web au monde capable de rendre plausible l'idée d'une mini time machine opérationnelle sur le web." (et la fin de mon post: "Google est la marque la plus susceptible, et cela parmi toutes les marques du monde entier, d'inspirer suffisamment confiance pour rendre acceptable et au-dessus de tout soupçon spontané, même l'information la plus improbable"...): car c'est justement cela le fait remarquable - seul Google est capable de nous faire douter hé !!!
Rédigé par: Frédéric BASCUÑANA | 04 avril 2008 à 13h02