Ebusiness INFO l'a fait, nous l'attendions : une conférence digne de ce nom sur le RICH MEDIA. En quelques points clés voici mon retour d'expérience :
- le RICH MEDIA est au coeur de la stratégie de communication des entreprises sur Internet (ou du moins de leurs objectifs en redesign web 2.0) et j'en ai trouvé la vérification lors de cet événement : pas mal de décisionnaires présents, des échanges enrichissants, aussi bien avec de grandes banques telles que HSBC que des opérateurs tels qu'ORANGE. Le prestige au rendez-vous, donc. Néanmoins, quantitativement, et de façon paradoxale, le buzz nous a paru un peu faible avant le lancement de l'opération : peu de supports l'ont relayées alors qu'il suffisait de croiser les entreprises présentes pour constater qu'elles étaient en quête d'information sur ce thème. Nous avons eu l'impression d'un public, certes de grande qualité, mais un peu trop confidentiel. Mon impression est que cela repose sur la stratégie de partenariat(s) de EBUSINESS en amont. Il faudrait s'inspirer de la méthode de Reed Business / Comundi pour préparer leur récente conférence sur le Buzz Marketing (sujet d'ailleurs très proche du Rich media à bien des égards) : ils ont impliqué dans la préparation de l'événement des agences particulièrement dynamiques telles que Vanksen | Culture Buzz qui ont tranformé le site de la conférence en un blog et ont de la sorte ameuté plus de contacts ciblés (d'où le succès étonnant de la conférence).
- le marché et l'offre en sont encore néanmoins au stade du balbutiement en France. Je ne remets absolument pas en cause la qualité des productions ayant déjà défrayé la chronique du web marketing, mais il faut reconnaître qu'elles sont rares et que nos clients ne sont pas encore prêts à mettre les bons budgets face aux bons dispositifs (en dehors de quelques très grands comptes ayant dans leurs gènes un esprit de veille technologique intégrée, les autres sont souvent passifs, attentistes, et suiveurs !). Nous sommes encore trop souvent dans un rapport inégal en termes de compréhension de l'outil : trop souvent les pôles marketing pensent qu'il va suffire de presser quelques boutons pour créer du Rich media et que nos budgets sont trop gourmants. Etant positionné aussi à Londres, je peux attester d'un gouffre intellectuel béant entre l'attitude française dominante face à ces technologies, et celle des anglo-saxons qui ont percuté depuis bien plus longtemps et savent encourager notre créativité.
Il en va néanmoins de notre responsabilité (pédagogique s'entend, et en tant que communauté de professionnels), et de mettre un terme à une surenchère parfois absurde de pression sur les prix, et que je qualifierai de typiquement française de par mon vécu Outre Manche : j'ai encore vu récemment une société qui proposait des films de recrutements à 500 euros ! Ce n'est même pas le salaire d'un bon ingénieur du son sur un tournage digne de ce nom ! Comment font-ils ? Je l'ai récemment découvert : ils font travailler des étudiants d'un BTS audiovisuel, et les rendent corvéables à merci en se tranformant en donateurs occasionnels... au profit d'une association étudiante loi de 1901 !
Passons sur les considérations d'ordre éthique. Les acteurs dont nous faisons partie auraient tout à gagner à s'allier à l'occasion de tels événements. Et de structurer leur discours, le rendre intellectuellement plus solide et plus cohérent au lieu de se tirer la bourre sur les prix. J'ai pu constater le bouillonnement d'idées et surprendre de passionnantes conversations sur la conférence du Buzz Marketing entre sociétés pourtant concurrentes sur le fond comme sur la forme. Cela m'a semblé exemplaire, d'autant que j'ai perçu une très grande honnêteté intellectuelle dans ces échanges, et une profonde envie d'apprendre. Or, avec les concurrents de Webcastory, dans le Rich media, je ne constate que d'étonnantes synergies potentielles : nous sommes à bien des égards suffisamment complémentaires pour nous rencontrer et nous efforcer ensemble de structurer, nous aussi, notre discours et installer plus solidement nos crédibilités respectives en faisant l'effort de partager plus souvent.
Nous n'avons rien à perdre. Sur une opération de captation de conférence de grande ampleur, je me rappelle avoir contacté ViewOnTv pour répartir nos compétences alors qu'en théorie j'aurais pu tout faire tout seul avec nos ressources: mais il me semblait intéressant de me concentrer sur les aspects éditoriaux de l'opération et de répartir nos énergies sur l'interfac e technique assez complexe. Malheureusement ce projet n'a pas eu lieu, le client Renault l'ayant décalé, mais je ne désespère pas de créer de telles synergies sur des sujets aussi périlleux que la captation de conférences en live.
Or j'ai été un peu triste de constater, en approchant Brainsonic, qu'ils étaient assez distants, et mon contact amical avec ViewOnTv s'est soldé par le feedback indiscret d'un de leur employés (par contacts interposés) qui a interprété mon approche comme une appel au rachat de Webcastory ! (je rassure tout le monde ici : nous ne sommes ni endettés ni en proie au moindre doute !).
Vouloir travailler avec les autres acteurs d'un même marché n'est pas forcément sujet à caution ou pr opre à susciter une vaine suspicion : il y va d'un métier à la crédibilité d'autant plus fragile parfois qu'il existe des indépendants, voire même des étudiants, qui réussissent encore trop facilement à faire croire à certains annonceurs qu'ils peuvent gérer un projet Rich media avec des bouts de ficelle. Notre expertise, notre valeur ajoutée doivent encore trouver leurs lettres de noblesse face à un marché encore somme toute inexploré dans sa plus grande partie, à l'heure où l'on annonce, peut-être de fait un peu trop tôt, l'avènement prochain de la convergence !
Je lance ici même un appel aux organisateurs de conférences tels que Reed, Infopromotions, Ebusiness, pour qu'ils continuent à impliquer en amont des acteurs réactifs sur ce marché (tels que nous mais les autres aussi bien sûr !) pour les aider à soutenir le lancement de leurs événements. L'appel vaut d'autant plus à l'attention de nos concurrents, avec qui des zones de collaboration pourraient nous permettre non seulement d'aller bien plus loin sur un certain nombre de projets, mais aussi de nous prémunir contre les offres fantômes qui dissimulent une méconnaissance du Rich media qui nuit à chacun d'entre nous en dernière analyse.
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